Marseille

Il est de ces promenades qui nous ramènent constamment sur nos pas. Là où sont forgés nos premier ressenti d’une ville. C’est ce que semble confirmer Mathilde avec son texte sur Marseille. Une promenade en forme d’analyse urbaine, personnelle et intime pour apprendre à comprendre une partie de la cité phocéenne.

Un texte de Mathilde Rozelot Ortuno

Je voudrais vous alerter. Ce texte n’a aucune prétention scientifique, touristique ou urbanistique. Il s’agit – sans prétention – de parler de mon Marseille.

Je fais partie de ces gens qui adorent Marseille. En arrivant dans la région en 2009, j’entendais beaucoup dire « Marseille, on aime ou on déteste », que ce soit par les gens du coin ou d’ailleurs. Jusque là j’avais toujours vécu dans de petites villes de province, alors j’étais excitée de la découvrir.

A la fac, certains de mes professeurs étaient des experts de cette ville et ils en parlaient avec enthousiasme. C’est avec eux que j’y suis allée la première fois, pour une visite du second arrondissement et son mythique quartier du Panier. Ma première réaction a été : « on se croirait dans un village ». D’un coup la ville m’a semblé bien plus petite et surtout plus accessible. Je découvrais aussi le Vieux Port, St Charles, La Joliette et la rue de la République. Pour une première sortie, j’étais emballée par la douceur et la folie marseillaise.

Ma seconde sortie en territoire phocéen fut encore une fois universitaire. Cette fois ci par contre, pas question de rester cantonné au 2eme, d’ailleurs je crois bien que jusque là je n’avais jamais autant marché dans une ville. De la gare St Charles nous avions descendu le reste du 1er arrondissement en traversant les quartiers de St Charles et Belsunce: je découvrais le Marseille populaire, animé, plein de vie et surprenant. En y repensant, je souris. Je me souviens avoir été impressionnée par la bibliothèque de l’Alcazar et sa mythique entrée. Plus tard en m’y installant, je me suis rendue compte que c’était tout ce qu’il y a de palpitant à voir… Nous avions terminé la matinée au Cours Julien, quartier en pleine gentrification du centre (6eme), place forte des créatifs de la ville, en passant par Noailles et sa bouillonnante atmosphère. De l’après midi je me souviens avoir découvert des endroits cachés, de belles demeures, des ambassades… le 8eme dans toute sa splendeur, jusqu’à la Pointe Rouge puis l’avenue du Prado. Bref une Marseille multiple et surprenante, une ville différente, une façon de vivre (pour ne pas dire un art de vivre).

Lors de ces deux visites j’étais pour ainsi dire une touriste. Et puis … fin 2016 … j’ai emménagé à Marseille, dans le quartier de St Victor. J’y ai alors retrouvé ce que j’avais ressenti lors de cette première fois, cette sensation d’habiter dans un village, que le quartier avait une âme. C’était si simple de prendre ses petites habitudes ! J’étais privilégiée en vivant là, dans un quartier central, à 10 minutes à pied du Vieux Port. J’avais l’immense chance d’avoir vue sur la Bonne Mère (Notre Dame de la Garde), que j’adorais regarder dans la lumière tamisée des rues, la fraîcheur relative d’une nuit d’été ou la solitude d’une insomnie; et de l’autre coté vue sur la baie: le port autonome, l’archipel du Frioul. De ce coté là j’ai vu les plus beaux couchers de soleil. Selon les nuages la mer se transformait en or ou en encre violette. A chaque fois que le ciel était un tant soit peu voilé, je guettais la baie vitrée, avide d’un nouveau spectaculaire tableau. Impossible de s’en lasser. Vous voyez c’est ça Marseille, elle s’insère doucement sous votre peau. Elle vous prend au dépourvu.

Pour être honnête au départ je n’étais pas plus heureuse que ça de vivre à Marseille. La ville en elle même n’était absolument pas en cause. Je venais de passer 9 mois à Melbourne en Australie, ce qui a probablement été la plus belle expérience de ma vie. C’était un vrai déchirement de devoir rentrer en France. Au début, lors de mon arrivée je sortais peu, je n’avais pas envie de réapprendre une ville, j’avais le cœur brisé comme quand on quitte le plus tendre des amants.

Les premières semaines, je tâtonnais pour visiter le quartier, découvrir les lieux de vie, le quotidien et aussi certaines habitudes que tout le monde a, comme celle de descendre à pied et de prendre le bus pour remonter la côte. Et puis il y a les gens, ceux que vous croisez régulièrement, les personnes emblématiques, le franc parler, les chauffeurs de bus, les commerçants… et c’est ainsi que sans s’en rendre compte, vous tombez sous le charme, vous prenez vos petites habitudes et devenez marseillais. Doucement l’air marin soigne votre chagrin.

J’étais déterminée à comprendre Marseille. Je me suis donc recréée mon petit monde avec pour 1er compagnon le bus 55. Si je voulais faire du shopping c’était soit aux terrasses du port, soit se perdre dans les rues du centre en commençant par les rues St Férreol et de Paradis. Pour continuer à faire la touriste c’était simple, il suffisait de se perdre en levant les yeux (tout en regardant aussi un peu ces pieds, parce qu’il faut le reconnaitre, la ville et ses habitants ont de sacrés efforts à faire pour ce qui est de la propreté).

D’ailleurs en parlant de l’eau, la Corniche n’a rien à envier à la promenade des anglais de Nice. Dès qu’il fait beau c’est tellement agréable de pouvoir s’y promener, sans parler des plages en plein centre-ville ! Ca me rappelle une fois ou je suis allée à la plage du bain des dames, 100% typique ! Croyez-moi quand je vous dis qu’il faut se lever tôt pour avoir de la place, celle ci est peu connue et est plutôt fréquentée par les habitants du coin, c’est un joli petit secret qui vaut le coup d’œil. Pour se baigner c’est une autre paire de manches, je vous conseille les chaussures de plage et de ne pas être frileux.

Niveau transport, le meilleur moyen de se déplacer reste le bus. Il vous emmène partout. Je n’ai jamais été fan du métro, il y a bien 2 lignes mais j’ai toujours préféré le bus et le tram. Le métro c’est étouffant, obscure, alors qu’avec les 2 autres, il y a tout le temps quelque chose qui change. Pendant que vous vous déplacez : vous pouvez voir la ville. On m’a souvent dit : « pour aller là tu peux prendre le métro ça va plus vite » par exemple pour aller à Castellane depuis le Vieux Port. Je l’ai fait une fois. Toutes les semaines pendant plusieurs mois je devais y aller et, à part cette première fois, j’ai toujours pris le bus puis le tram. Certes cela prend le double de temps, mais, quand on est amoureux d’une ville on veut tout le temps être en contact avec elle. Alors oui, je partais plus tôt, mais en échange, je traversais le Vieux Port, j’avais une superbe vue sur l’hôtel Intercontinental, puis le bus me déposait place Sadi Carnot au milieu de la rue de la République, pour prendre le tram 3, traversant la rue Colbert et rejoindre le Cours Belsunce puis le Cours St Louis pour enfin, remonter toute la rue de Rome jusqu’à Castellane. Beaucoup vont trouver cela ridicule mais honnêtement, il y a longtemps que j’ai cessé de m’intéresser à ce que les autres pensaient de mes faits et gestes, tout simplement parce que cela me rendait heureuse de traverser ma ville, de me sentir bien quelque part et de profiter du cadre magnifique.

Depuis que je n’habite plus à Marseille, j’ai l’impression d’avoir perdu quelque chose, comme une partie de moi qui serait restée en vacances. Je me dis que, dès que l’opportunité se présentera, j’y retournerais et retrouverais la douceur de vivre d’une grande ville au bord de l’eau. Là bas, c’est un sentiment qui ne vous quitte jamais, celui de vivre au rythme entêtant de la douceur des saisons, de l’été qui ne finit pas et des vacances au pas de la porte.

Mathilde est une férue de photographie. Allez jeter un oeil sur ces travaux et sa page Instagram en cliquant içi !

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