Ce que disent les Parisiens de la solitude

Oui il y a beaucoup de gens qui se sentent seul dans une ville comme Paris. Le temps d’un après-midi ensoleillé de Février, l’(H)urbain est allé discuter sur les bancs du square Serpollet avec ceux qui osent parler de ce qui est souvent associé à un sentiment de honte.

DES PROPOS RECUEILLIS A PARIS PAR L'(H)URBAIN

Bernard, 63 ans. 

Je vis seul depuis le décès de ma femme. Je n’ai pas réellement d’amis. Des fois je souffre de la solitude. Regarde, aujourd’hui je suis venu au parc parce que je me sentais seul. Il y a des gens ici, mais c’est dur d’aller discuter avec quelqu’un que tu ne connais pas. Tu perds confiance. Être seul veut dire que quelque chose cloche, que quelque chose manque.

Clémence, 29 ans.

Je suis auto entrepreneur. Je travaille pas mal de chez moi. Je suis moi, mon ordinateur et mon chien (rires). Je ne pourrais pas dire que je suis seul. J’ai des amis, ma famille qui vient souvent me voir. Mais la solitude c’est des instants dans la journée. C’est passager.

Quand je suis venue ici il y a 10 ans pour mes études, c’était un peu difficile. Dans une grande ville comme Paris, je pense que la solitude peut devenir comme une maladie.  On croit que c’est simple le lien social … mais pas du tout. On rencontre des gens par son boulot, une asso ou une activité. Tout le monde n’en n’a pas, et puis bon … on n’a pas toujours envie de se faire des amis dans ces occasions …

Anissa, 32 ans.

J’ai emménagé à Paris avec mon ex copain. Nous avons rompu quelques mois après. Je ne connaissais à l’époque que 2 personnes. Ils habitaient loin de chez moi et nos horaires ne coïncidaient pas. J’ai dû apprendre à me forcer à aller vers les gens. Je suis contente d’avoir réussi. Les réseaux sociaux peuvent aider. Mais pas trop. C’est trop souvent que virtuel. Le niveau de vie et le logement aident. J’ai vécu dans un 12 mètres carrées. J’en avais honte. Je me mettais des barrières. Je n’invitais personne. Cela participait à mon isolement.

Ilyess, 42 ans.

Certaines personnes sont contentes seules. D’autres non. Beaucoup de gens ont peur des réactions. Dire je suis seul dans une grande ville ce n’est pas facile. Il y a toujours quelqu’un pour te dire « mais non » tu es entouré. Facebook n’aide pas. Tu as plein d’amis. C’est chouette tu te compares aux autres. OK tu as 400 amis, mais ce ne sont pas des relations humaines. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire … Si quelqu’un t’envoie un message alors que tu habites à seulement 40 minutes en RER mais que tu ne l’as pas vu depuis 10 ans, qu’est-ce que cela veut dire ? On est amis ? Ou c’est que du faux et de l’internet ?

Laure, 27 ans.

Être seul c’est difficile c’est sûr.  Mais je pense quand même que c’est plus simple de connaître du monde à Paris plutôt que dans certains endroits en province. Il y a des choses qui bougent ici. Il y a de la vie. En se bougeant un peu et en se désinhibant on y arrive. Il faut laisser de côté les a priori même si c’est difficile et foncer. Je pense à ma maman qui habite en banlieue de Maubeuge. Elle, elle est seule. Elle se sent seule. Elle ne me l’avoue pas mais je le sais. Elle n’a pas d’ami et ne me parle qu’à moi. Son amie c’est la TV. Sans voiture c’est dur.

Heureusement je ne suis pas dans cette situation. Je connais les risques de la solitude et je fais attention à garder mes amitiés.

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